14 septembre 2015 ~ 7 Commentaires

Tour d’horizon du rapport Case Orange

Le rapport Case Orange est une étude qui a été publiée en 2010. Il est probablement le plus gros document écrit abordant la question des chemtrails. Pourtant, de manière surprenante il n’est presque jamais cité en France par les personnes soutenant l’idée d’un épandage mondial. La raison en est sans doute paradoxalement sa longueur. Bien qu’il ait été traduit en français, ses 70 pages (sans compter ses centaines de pages d’annexes) sont probablement intimidantes pour quelqu’un qui préfère simplement partager des photos de trainées dans le ciel sans trop entrer dans les détails.

Mais que contient ce document, quel en est l’intérêt et est-il une preuve crédible de l’existence des chemtrails ?

D’abord, sur un plan purement formel, on ignore qui sont les auteurs de l’étude. Le document est publié par le Belfort Group, il s’agit d’un groupe néerlandais regroupant des citoyens afin de sensibiliser et d’informer sur des actions allant à l’encontre des populations. En se rendant sur leur site internet, on tombe sur différentes discussions, dont certaines clairement en faveur du complotisme à propos des attentats du 11 septembre, malgré les preuves écrasantes qui vont à l’encontre de ces théories (ici ou ici en français).

Donc comme je le disais, nous ignorons qui sont précisément les auteurs de cette étude, ce qui est un vrai problème lorsqu’on se réclame de la démarche scientifique. Toute personne habituée à lire des études scientifique sait qu’on doit également y retrouver une section où sont présentées les conflits d’intérêt éventuels. Ici, nous ignorons les compétences et qualifications des personnes impliquées, nous ne savons pas pourquoi elles étudient ce sujet et nous n’avons pas la possibilité de les contacter directement pour questionner leur recherche.

Il est évident qu’au vu de la longueur de cette étude, nous ne pouvons pas débunker une par une les erreurs qui s’y trouvent. Nous pouvons toutefois dans un premier temps jeter un oeil aux définitions qu’ils proposent.

Ce que l’on note dans un premier temps, c’est que le rapport ne se concentre pas exclusivement sur les chemtrails mais aborde au contraire tout type de pollution aérienne. Les deux paragraphes expliquant ce que sont les chemtrails sont toutefois intéressants. Il est fait mention qu’une plus grande étendue de ciel recouverte quand les avions aspergent en formant des quadrillages. Les épandages sont ici clairement montrés comme volontaire et même leur manière d’être réalisée aurait été pensée. Nous avons pourtant vu ici que si les chemtrails forment des grilles, ce n’est en rien volontaire.

En outre, ils affirment que seules la Chine et la Russie ont rendu officiel leur usage d’ensemencement de nuages et que tous les autres pays le nient. Il y a deux choses à noter ici. D’abord, ils font un amalgame entre l’ensemencement de nuages et les chemtrails (ce sont pourtant deux choses totalement différentes comme nous l’avons vu ici). Ensuite, dire que la Chine et la Russie sont les seuls à reconnaitre l’usage de ces ensemencement est totalement faux, comme nous l’avons vu également ici.

Un peu plus loin, à la section 3.1 du document, ils débutent leur chapitre en affirmant que les scientifiques nient l’effet de l’aviation sur la météo. Il est important ici de faire la distinction entre météo et climat. Rien que sur Wikipédia, nous pouvons trouver une page parlant des conséquences diverses de l’aviation sur l’environnement, dont le climat, ce point est donc largement pris en compte par les scientifiques. Quant à la météo, la seule conséquence que le rapport cite, c’est la création de légers voiles nuageux. Ils indiquent eux-mêmes qu’il n’y a aucune conséquence de type précipitation, réduction de visibilité ou d’impact sur l’ensoleillement. Alors pourquoi reprocher aux scientifiques de ne pas prendre en compte des effets extrêmement minimes ?

Nous allons directement passer à la conclusion de ce rapport en supposant que si l’argumentation qu’ils développent est de qualité, leur conclusion devrait l’être tout autant. A l’inverse, si leur conclusion est sans pertinence, inutile de s’attarder sur le reste du document.

La conclusion est découpée en plusieurs points. Le premier affirme que la manipulation des cirrus (leur création grâce à des épandages ou à la géo ingénierie) est véritablement utilisée afin de lutter contre le réchauffement climatique. Ils affirment que cette idée est appuyée par de solides preuves scientifiques. Sauf que non. Si l’on s’en réfère aux rapports du GIEC (qui eux-mêmes compilent toutes les données scientifiques disponibles sur le climat), l’augmentation de la quantité de cirrus entraine au contraire une augmentation de la température terrestre : « En moyenne, une augmentation de
la nébulosité en cirrus tend à réchauffer la surface de la Terre. » . Ce premier point de la conclusion est donc totalement faux.

Le second point fait référence à la volonté qu’ont les États-Unis de contrôler le climat d’ici 2025. SI une telle affirmations est effectivement vraie, il s’agit toutefois de buts à atteindre et non d’une feuille de route précise qui a été annoncée. En outre, ce n’est pas parce que les USA ont déclaré cela qu’ils réussiront à parvenir à ce but. Tout ce que fait la conclusion ici c’est de rappeler que cette affirmation est vraie, non que le but est en train d’être atteint. Tous les spécialistes du climat s’accordent d’ailleurs à dire qu’il est actuellement inconcevable de prétendre pouvoir contrôler le climat mondial.

Le troisième point avance l’idée que la technologie permettant de faire des épandages aériens est largement disponible et est même utilisée à la fois par l’aviation militaire et civile. Le premier élément de cette affirmation s’appuie sur l’existence de brevets. Or, nous avons déjà évoqué sur ce blog que l’existence d’un brevet ne signifie pas que l’objet en question va réellement voir le jour. En outre, l’affirmation stipulant que tout cela est utilisé par les avions civiles et militaires n’est pas appuyé par des preuves tangibles.

Le point 4 de la conclusion affirme que les brevets sont majoritairement détenus par des entreprises travaillant pour les États-Unis donc que ce sont les États-Unis qui dirigent ces projets. Encore une fois, ce n’est pas parce que des brevets existent qu’ils sont utilisés.

Cinquième point, si des épandages ont lieu en Europe c’est grâce à une forte coopération avec les USA. Malgré les révélations de Wikileaks et d’Edward Snowden ces dernières années, absolument aucun élément confidentiel révélé n’a permis de faire un rapprochement avec les chemtrails. Si de tels projets secrets existent, ils sont aussi bien gardés que l’existence des extra-terrestres. Mais le plus simple reste tout de même de dire qu’il n’y a rien à cacher et que c’est donc pour cela que nous ne trouvons rien.

Le dernier point affirme que ces épandages peuvent avoir un effet sur la santé humaine. Malgré des années et des années de supposés épandages, les analyses de sang ou d’eau avec des résultats anormaux se comptent sur les doigts des deux moins. S’ils avaient de vraies preuves, ils pourraient faire un rapport de cent pages uniquement avec des analyses aux résultats anormaux.

 

Au final, le rapport Case Orange, derrière sa taille intimidante, est en réalité en soufflet qui se dégonfle dès qu’on regarde d’un peu plus près son contenu. Les postulats utilisés comme les conclusions obtenues sont erronés, inverses aux vraies indications scientifiques ou affirment des choses impossibles à prouver.

7 Réponses à “Tour d’horizon du rapport Case Orange”

  1. Bonjour

    Après vos différentes analyses >>> Qu’ est ce que vous en pensez…de ces trainées dans le ciel…Et quelles hypothèses avancez vous à se sujet…

    Bien cordialement

    • J’en pense qu’il s’agit du même phénomène qui existe depuis des décennies à savoir une condensation selon les caractéristiques de l’air où se trouve l’avion et que l’augmentation du nombre de ces traînées est uniquement due à l’augmentation du nombre de vols depuis les années 70/80.

    • excellente remarque !

  2. Excellente remarque !

  3. Le trafic aérien n’a pas augmenté mais c’est le nombre de passagés qui a augmenté.Il y à juste plus de monde dans les avions. Crétin

  4. C’est sur que dans les années 80 ils faisaient décoller les avions avec un tiers des sièges occupés…
    Ne montez pas de société, vous allez faire faillite…

  5. L’avion est un moyen de transport très polluant, tout comme bon nombre de voitures. L’impact de l’aviation sur le climat a doublé en vingt ans. C’est aussi une des sources de pollution qui connaît la plus forte croissance. Si rien n’est fait, le trafic aérien pourrait plus que tripler d’ici 2030.

    Entre 1990 et 2002, les émissions de dioxyde de carbone de l’avion ont augmenté deux fois plus vite que celles du reste de nos activités. En Europe, les émissions du secteur se sont accrues de 90% entre 1990 et 2004 tandis que l’on a constaté une réduction des émissions dans d’autres secteurs. Avec un rythme de croissance du trafic aérien de +5% par an, cette tendance inquiétante se poursuit. Si rien n’est fait pour réduire la pollution des avions, la situation va devenir insoutenable pour le climat de notre planète. C’est aussi injuste pour les autres secteurs qui font des efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

    Pour les seules émissions de CO2, l’avion est responsable de 2 à 3% des émissions de la planète, c’est-à-dire 1,5 fois les émissions de la France en un an. Si l’aviation était un pays, ce serait le 7e plus gros pollueur mondial.

    Les émissions de CO2 ne sont pas l’unique impact de l’aviation sur le climat. Un avion émet aussi des oxydes d’azote, responsables de la production d’ozone et de la vapeur d’eau qui provoque des trainées de condensation ayant un effet de réchauffement. Elles engendre des nuages de haute altitude qui participent aussi à l’effet de serre. Si l’on prend en compte l’ensemble des gaz rejetés par le secteur aérien, celui-ci est en fait responsable de 5% du réchauffement climatique. C’est deux à quatre fois plus que pour les seules émissions de CO2 !

    Cette contribution importante du secteur aérien au changement climatique s’explique par les quantités considérables de kérosène consommées lors d’un trajet aérien : plus de 500 litres en moyenne pour un aller-retour Paris-New York. Un avion rejette en moyenne 360 grammes équivalents CO2 lors d’un déplacement d’un kilomètre, contre 150 grammes pour le même trajet en voiture et 11 grammes pour un train.

    Pour en savoir plus : statistiques DGAC

    Ajoutons aussi que la fabrication et l’entretien des pièces d’un avion sont des activités extrêmement polluantes. Beaucoup de pièces sont composées de métaux lourd, la fabrication de certaines pièces est extremement gourmande en énergie et en eau (toute l’optronique, les freins en carbone, les moteurs etc.).

    [Infos collectées sur le web]


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